DE LA VITRINE À LA FORTERESSE : MON MANIFESTE
Par Komi Thomas Agboguin, Architecte Système
I. L’Illusion de la Vitrine (2017 — 2021)
Cotonou, 2017. L'air vibrait. Nous étions une génération persuadée que l'image suffirait à nous sauver. À l'époque, Atilebarts n'était qu'une célébration de l’instant, un cri de joie visuel. Je me souviens de l'électricité de ma toute première exposition, où je présentais des talents bruts comme Lionel Attere "Davinci" et Marcel Kpoho.
Je me rappelle ces nuits blanches à monter des cimaises dans des galeries de fortune, l'odeur de la peinture fraîche mélangée à la poussière de la ville. Je courais d'un vernissage à un festival de street art, négociant avec des directeurs d'institutions pour qu'ils accordent un mur, juste un mur, à cette jeunesse qui bouillonnait. J'ai animé des ateliers pour photographes où l'on manquait de tout sauf d'idées. J'ai collaboré avec le Centre International des Arts de Ouidah et d'autres galeries cotonoises, portant les toiles à bout de bras, persuadé que mon énergie suffirait à faire vivre ces artistes.
C'était une époque d'innocence magnifique. J'avais l'impression de bâtir un mouvement. Mais c'était une illusion.
En 2021, l'apogée fut aussi la chute. Après une collaboration prestigieuse avec la UBA (United Bank for Africa), le miroir s'est brisé. L'événement était "réussi" : champagne, flashs, officiels. Mais le lendemain, le téléphone ne sonnait plus pour des ventes. Les "J'aime" s'accumulaient par milliers sur Instagram, mais les comptes en banque de mes artistes restaient vides.
J'ai ressenti un vertige terrible. Je vendais de la "visibilité", cette monnaie de singe. Mes défis personnels devenaient insoutenables : comment regarder mes artistes dans les yeux et leur parler d'avenir quand je savais que leur art servait surtout à nourrir le flux d'actualité de la Silicon Valley ? Cette dépression n'était pas seulement financière, elle était morale. J'étais devenu le complice involontaire d'un système qui consomme l'art sans le rémunérer.
II. L’Ascèse : Le Pont entre Cotonou et Helsinki
J'ai voulu fuir. Pas seulement le Bénin, mais l'art lui-même. Je suis parti vers le Nord, cherchant dans le froid d'Helsinki l'antidote à la fièvre de Cotonou. Je pensais devenir ingénieur pour oublier le curateur.
Mais la Finlande m'a offert autre chose : le silence et la structure. Sur les bancs de d’Aalto University et de la Blockchain School, j'ai découvert que le code n'était pas l'ennemi de l'art, mais son armure. Entre deux visites privées des sous-sols d'Amos Rex et des collaborations avec l'Académie des Arts d’Helsinki, j'ai compris que le problème n'était pas la création, mais l'infrastructure.
J'ai étudié les systèmes décentralisés non pas comme un technocrate, mais comme un architecte cherchant à bâtir une cathédrale pour protéger une flamme. J'ai compris que pour sauver l'art africain de l'extraction, il ne fallait plus seulement l'exposer, il fallait le sceller.
Ce renouveau n’est pas un départ, c’est une mise au service radicale. Je reviens avec des armes nouvelles.
III. L'ARCHITECTURE DE LA SOUVERAINETÉ
Atilebarts v3.0 n'est plus une galerie. C'est une infrastructure souveraine décomposée en sept piliers fondamentaux.
1. Atilebarts : Le Vaisseau Mère (The Mothership)
Atilebarts est le système nerveux central de l’économie créative souveraine.
- Philosophie : La centralisation est fragile ; la connectivité est la force. Nous bâtissons l'infrastructure qui permet à la créativité africaine d'exister selon ses propres termes, protégée par la cryptographie.
- Contexte Technique : Noeud orchestrateur central gérant le routage et la synchronisation des états entre les piliers.
2. Noutala : Votre Forteresse (The Creation Tool)
Dans un monde de "jardins fermés" (Instagram, Behance) où vous louez votre audience, Noutala est votre bastion.
- Philosophie : Si vous ne possédez pas la base de données, vous ne possédez pas l'art. Noutala redonne le pouvoir du "fichier source" à l'artiste.
- Fonctionnalités : Architecture Headless, support Markdown/MDX, injection SEO automatisée et déploiement multi-projets.
3. Axis Ibeji : Le Pont Numérique (The Digital Bridge)
Le concept sacré de l'Ibeji (Jumeau) traduit dans l'ère numérique.
- Philosophie : Le physique et le numérique ne sont plus séparés, mais des états intriqués de la même réalité.
- Contexte Technique : Protocole de liaison NFC/RFID et Smart Contracts (ERC-721/1155) créant un "jumeau" cryptographique qui suit l'œuvre physique partout.
4. Meridian Artifact ID : L'Identité Souveraine (Sovereign Identity)
L'identité sur le web est brisée, contrôlée par des géants qui vendent vos accès.
- Philosophie : Vous n'êtes pas un nom d'utilisateur, vous êtes une histoire. Meridian prouve votre contribution à la culture sans livrer votre vie privée aux algorithmes.
- Fonctionnalités : Identifiants décentralisés (DID), preuves à divulgation nulle de connaissance (Zero-Knowledge Proofs) et score de réputation.
5. Noutala Open Source : Le Trésor (The Treasury)
Une solution de garde de grade militaire pour le patrimoine culturel.
- Philosophie : La préservation exige une sécurité conçue pour survivre non seulement aux hackers, mais au temps lui-même.
- Contexte Technique : Implémentation Gnosis Safe Multi-sig, contrats de verrouillage temporel et protocoles d'héritage.
6. Meridian Archive : La Bibliothèque Éternelle (Preservation)
L'internet oublie, mais Meridian Archive est la "Bibliothèque d'Alexandrie" de la renaissance numérique africaine.
- Philosophie : Une histoire qui n'est pas écrite est perdue. Nous combattons l'entropie par la permanence.
- Fonctionnalités : Stockage permanent sur Arweave/IPFS, taxonomie culturelle et authentification C2PA.
7. Noutita : La Source de Vérité (The Truth)
Le moteur philosophique et forensique du système.
- Philosophie : La technologie sans philosophie est une arme sans cible. Noutita assure que notre code sert notre culture, et non l'inverse.
- Fonctionnalités : Chaîne de contexte Sentinel (Vérification par IA/ML), notarisation on-chain et ressources éducatives.
Conclusion : La Citadelle
Je ne suis plus là pour organiser des vernissages éphémères. Je suis là pour bâtir des institutions digitales capables de résister aux tempêtes du web. Mon exil à Helsinki m'a appris une chose : dans le monde qui vient, celui qui ne peut pas prouver son origine est condamné à l'oubli.
Atilebarts est votre forteresse.
Bienvenue dans l'Infrastructure.